8 juin 2019

Rencontre nationale USK à Dijon


En arrivant à Dijon, je ne m'attendais pas à voir une ville au patrimoine architectural si prestigieux. Le centre historique a été magnifiquement restauré. Les innombrables églises de toutes les époques et de tous les styles et les maisons à colombages du Moyen-Age cohabitent parfaitement avec les hôtels particuliers du XVIIIe siècle. 


Le choix du sujet était parfois difficile car les angles de vue étaient nombreux... et compliqués. Que de toits enchevêtrés et de clochers différents ! Question perspective et architecture, nous étions servis. Un vrai régal.


Les touristes, nombreux pour ce week-end de l'Ascension, ont été très curieux et bienveillants devant ces ribambelles de croqueurs.


Quant à l'organisation de cette rencontre, bravo. Les parcours étaient très bien faits et les visites spéciales avec Fred le conférencier, passionnantes. Un grand merci à toute l'équipe de Bourgogne-Franche-Comté.

23 avril 2019

Notre-Dame et ses admirateurs

J’avais déjà dessiné Notre-Dame en 2016, avec sa flèche et son toit bien visibles quasiment du même endroit. Plus récemment à Noël avec son traditionnel sapin. Le samedi 20 avril, nous avons décidé avec Anne-Isabelle d’aller voir la grande brûlée et rejoindre Simon et son talent ! Magnifiques ses dessins aux encres de couleur et directement au pinceau. L’incendie et le battage médiatique qui s’ensuivit conféraient tout à coup à cette vieille dame une touche de « célébrité » supplémentaire. Le soleil rayonnant et la soif d’évènement sensationnel attiraient un nombre croissant de badauds. Plus peut-être que la visite au chevet d’une grande malade. 

Il manquait la flèche. Une grue ou un bras métallique la remplaçait optiquement, un peu plus courte et coiffée d’une touche orange. De l’entrelas des échafaudages déjà présents avant la catastrophe et comme d’une gigantesque toile d’araignée, émergeait une nacelle jaune. Quelque chose clochait et l’ambiance festive autour plutôt incongrue. J’aurais sans doute dû traiter cette ferraille noire à l’encre pour donner un côté plus dramatique.

Coté parvis, nous avons réussi à nous glisser juste derrière la banderole rouge et blanche du périmètre de sécurité. J’ai discuté avec un CRS sympa, en plein cagnard, suant sous son harnachement mais ravi d’être dessiné ! Moi aussi, d’ailleurs, j’ai souffert pour ne pas me perdre dans les détails de cette architecture massive mais sophistiquée. Ma tour penche comme si elle allait tomber.
Le plus émouvant et surprenant était ces grands bras métalliques qui s’activaient le long des tours comme des bras de chirurgiens. Des pompiers en orange fluo se déplaçaient sur les balcons comme de minuscules fourmis. Je me serais d’ailleurs bien passée des interviews de journalistes (TV allemande ZDF et radio) arrivés comme des mouches et me demandant mon ressenti. Le reportage dessiné est sans doute une manière moins intrusive de couvrir un événement. Curieux aussi que la parole déconcentre autant quand on dessine. 


5 mars 2019

Couleurs Cuba

La Havane. Le long du Malecon
Coup de cœur assuré pour ce voyage dont je rêvais depuis longtemps. Couleur et Agonie sont les 2 mots qui résonnent encore en moi quand nous sommes arrivés la-bas... avec la troupe de Simon. Quelque chose qui prend aux tripes, fort, violent et presque primitif. Un mélange étonnant et détonnant. Une soif de vivre et une résignation à mourir cohabitent. Une énergie et une joie incroyables se dégagent grâce a la lumière, aux couleurs tonitruantes et à la bonne humeur des habitants. En même temps, on a l'impression d'être submergé par un sentiment d'apocalypse, une sensation de sordide, de décrépitude avancée, de mort imminente en voyant palais et maisons rongés par la lèpre, l'indigence des magasins d'état ou des supermarchés, l'état du réseau électrique, l'hygiène des rues et des containers dégueulant depuis des jours.

La Habana Vieja

On se croirait dans un vieux film des années 50. Les "carros" americanos" furent abandonnés lors de la révolution cubaine en 1956. Face à l'embargo interdisant l'importation de véhicules, hormis les voitures du bloc soviétique, les cubains ont développé un sens aigü de la mécanique pour les réparer. Leur compteur, quand il n'est pas bloqué, affiche allègrement les 800 000 miles.

La Habana Vieja. Calle Crespo

La Habana Vieja. Mario devant sa maison calle Crespo
La Habana Vieja. Aurelio. Calle de las Virtudes
Pour quelques pesos, Aurelio a posé pour 12 petits sketchers. A 1$ par personne, le voila un nabab !

La Habana Vieja. Calle de las virtudes
Chez German, le coiffeur le plus branché et créatif de la Habana Vieja. Grand moment, fascination pour les mains gantées de caoutchouc bleu lavande qui rasent, tondent, ratissent, virevoltent et sculptent les tignasses avec énergie et savoir-faire.

Cien Fuegos
Autre monde... Cien Fuegos à 260 km à l'est de la Havane, sur la côte sud. Blanche, pimpante, charmante et une vraie bouffée d'oxygène après la vie trépidante de la capitale.

Cien Fuegos
Impressionnant, le vénérable banian ! Et bienvenu pour nous protéger du soleil cuisant.

Cien Fuegos

Une plongée au cœur des années 50 chez ce coiffeur XXL où une vingtaine de coiffeurs s'affairent. Ambiance vintage garantie.

Cien Fuegos
En attendant le bus pour Trinidad, arrivé 3h après le rendez vous, petit croquis du patio de nos logeurs, Mario et Luisa.

Trinidad

Trinidad, encore plus à l'est. Ville classée au patrimoine mondial de l'Unesco pour ses maisons colorées... très carte postale.


Trinidad
Trinidad
Trinidad. calle Lino Perez
Conversation impromptue avec Concha, habitante d'un quartier un peu moins touristique.

Trinidad. Musée de Trinidad

Trinidad. La Canchancharra.
Notre QJ de fin d'après-midi... arrosé de mojitos !

Trinidad
Trinidad
Trinidad

Trinidad
Un seul regret pour ce voyage : nous n'avons pas exploré La Havane de l'ouest,  plus moderne... quoique... arrêtée aux années 50! Espérons que la nouvelle constitution, mise au vote pendant notre séjour, puisse laisser enfin ce pays respirer. Une ouverture partielle aux capitaux étrangers est en marche pour faire de l(ile, un modèle économique à la vietnamienne. Entre capitalisme et socialisme.
Venceremos !


16 février 2019

Rendez-vous à la bibliothèque Forney avec les USK Paris


Le groupe Urban Sketchers Paris a été invité à croquer la Nuit de la Lecture à la Bibliothèque Forney. Nous étions une bonne vingtaine à braver le froid et l'humidité de ce samedi soir. Mais l'ambiance dans la bibliothèque était très chaleureuse.

La bibliothèque, spécialisée dans les métiers d'art et techniques, n'est autre que l'ancienne résidence des archevêques de Sens. C'est l'un des plus beaux hôtels particuliers parisiens et un rare témoin de l'architecture médiévale civile.

J'ai donc choisi de dessiner cette nuit de la lecture, non en fonction des interventions plastiques proposées - encore moins des lectures ;) car difficile de se concentrer - mais plutôt par rapport à l'espace somptueux de la salle du premier étage. Je n'ai vraiment pas eu, comme certains courageux, l'envie de croquer en plein froid la cour intérieure. Une autre fois, sous une température plus clémente.
C'est le contrebassiste et la liseuse costumée devant l'étonnante balustrade gothique qui m'ont inspirée. Le violet de la robe faisait un écho intéressant à la couleur chaude de la contrebasse. Et ces deux-la ne bougeaient pas trop ! Il suffisait de mémoriser les attitudes du musicien.
En revanche, la danseuse, au corps svelte et noir et au petit minois de souris, était captivante. Animée par la lecture des participants, elle ondulait. Vraiment impossible pour moi à figer.En tous cas, un vrai plaisir de dessiner dans cet endroit chargé d'histoire, la nuit tombée.

26 décembre 2018

Mon beau sapin....


Je déteste les fêtes et la fièvre acheteuse qui va avec... sauf les sapins. Il deviennent les stars de la saison. Chaque marque, magasin, place ou marché de Noël rivalise de créativité et de somptuosité. C'est au fond la fête à la paillette et le triomphe du cône dans tous ses états pour mieux supporter les jours gris et courts. Il y en a pour tous les goûts : naturels ou fabriqués, sobres ou clinquants, gigantesques ou minuscules, etc mais tous brillent de mille feux. Ce qui n'est pas simple à traduire en dessin.
Celui des Galeries Lafayette est un véritable monument sous la verrière colorée. Magique ! Comment traduire ces éclats de lumière multicolores ? Après une rapide ébauche pour mettre en place le sapin, et surtout la structure de la voûte, j'ai commencé à mettre la couleur. Finalement, j'ai abandonné l'idée de départ de préciser au feutre les éléments. Pas nécessaire. Ici la couleur structure l'espace. 

Celui du parvis de Notre-Dame est majestueux mais beaucoup plus sobre et classique. Ici pas d'ostentation sur un emplacement religieux. Et pas vraiment eu envie de m'attarder dans le froid.

Ceux du Bon Marché m'ont enchanté mais posé beaucoup de souci d'un point de vue valeurs. L'idée de transformer ces cônes verts en parapluies à l'envers est du plus bel effet. La blancheur de l'ensemble était le meilleur atout pour mettre en avant les sapins très sombres. Mais cette blancheur ambiante était difficile à transcrire. La structure des escalators ne pouvait se dessiner clairement que sur des espaces plus sombres.


Enfin, à Boulogne-Billancourt, le traditionnel sapin de Noël trône au milieu de la Place Marcel-Sembat. Il semble régir, comme un agent de la circulation, le flot incessant de voitures. Ce n'est pas un séquoia mais sa hauteur est impressionnante. En fait, c'est un mât, sur lequel sont accrochées des plateformes cylindriques en diamètre dégressif. Ces plateformes accueillent une trentaine de sapins de taille normale jusqu'au sommet. Serrés les uns contre les autres, ils ne forment qu'une masse d'où cet effet de taille XXL.

Et pour l'anecdote, mais sans dessin,  je suis passée avenue Montaigne, pour moi la plus belle avenue de Paris, loin devant les Champs Elysées. Dior a habillé sa devanture d'une incroyable sapin tout blanc composé d'une vingtaine d'animaux sauvages enchâssés dans des guirlandes et feuilles de papier. Le tout pesant 750 kg et ayant nécessité 7 jours de montage ! Somptueux, incontournable et impossible pour moi à dessiner.  L'éclairage de l'avenue est tout aussi aussi magique. Les arbres, sans feuilles, habillés de multitudes de leds, ressemblent à une forêt de Prunus en fleurs. Finalement, les sapins m'aident à passer les fêtes !